Ma préparation à la French Divide 2017

Ma préparation à la French Divide 2017

Préparation pour la French Divide 2017

Je vous invite à consulter l’article où je présente la French Divide 2017  pour avoir toutes les informations sur l’épreuve ainsi que les détails du parcours : http://guidolinecafé.fr/french-divide-n2-questions-reponses/

Il sera ici question dans cet article du coté préparation de cette épreuve.

Préambule

Suite à mon inscription pour cette épreuve un peu hors norme je me pose la question de la préparation. Suite à la réception des traces et du parcours officiel de cette édition 2017, je me suis préparé un prévisionnel de progression. Celui-ci me sert à poser les jalons et principaux repères pour mon ride. Je suis bien conscient que sur un telle épreuve où l’imprévisible occupe une grande place cela sera amené à changer et évoluer. Mais cela me rassure de savoir où je vais et surtout cela me permet de fixer mes objectifs de course heu je voulais dire progression (car ce n’est pas officiellement une course) et de me préparer en conséquence.

 

Le prévisionnel de progression de la French Divide 2017

Je vous explique succinctement comment je procède. Je découpe le tracé en petits segments significatifs (entre 20 kms et 70-80 km max) et de préférence sur des noms de villes ou lieux dit particuliers. Je note ensuite la distance et le dénivelé de chacun des segments. Enfin en fonction du ratio distance dénivelé, de mon expérience du premier divide et de la typologie des chemins et du moment de la journée (la nuit ou en fin de journée on roule moins vite par exemple), j’essaye d’allouer une vitesse moyenne de déplacement pour les dits segments. J’y ajoute des temps de pauses ( plus longs pour les villes supposées avec ravitaillement) et cela me donne une feuille de route avec un prévisionnel horaire.

French Divide 2017 example de Prévisionnel

Donc en étant optimiste et en supposant que tout se passe bien ( pas de défaillance physique ni mécanique, météo clémente et chemins secs, etc..) et en ajoutant une très faible marge, j’ai pour objectif intime de finir cette édition du French Divide 2017 en 10 jours …

Je suis conscient que cela est ambitieux. Cela fait un gros delta ou une sacré marche à gravir par rapport à ma première participation où j’avais eu besoin des 15 jours pleins pour boucler le parcours.

La vérité se trouvera surement entre les deux, c’est pour ça que j’ai choisi la vague de départ du samedi matin en affichant un objectif officiel de 12 jours surement plus réaliste avec les aléas que je risque de rencontrer.

 

L’analyse du tracé de la French Divide 2017

La préparation passe aussi par une analyse fine du tracé. Ayant déjà participé à l’édition n°1, je sais un peu près à quoi m’attendre question chemins et variétés de reliefs rencontrés pour cette traversée de la France, mais voyons à quoi va ressembler la French Divide version 2017.

Je dirai à première vue que le parcours French Divide 2017 reprend à 70% celui de 2016. Les organisateurs ont voulus cette édition plus homogène que l’an passé au niveau difficultés, et je ne peux que approuver.

Je m’explique : le parcours 2016 réservait le gros des difficultés sur la fin avec les Pyrénées et du gros dénivelé et du portage. C’était dur physiquement mais tout aussi mentalement car après déjà 10 à 12 jours de ride les organismes sont déjà bien éprouvés. D’ailleurs une bonne partie des 50 concurrents de cette première édition ( dont moi-même) avions été re-routés sur une trace alternative après la ville de Bielle afin de nous faire arriver dans les temps pour la soirée de clôture. Cette trace alternative évitant une journée de portage et quelques  3 000  m de dénivelé positif je crois! La trace originelle m’aurai pris une journée de plus je pense …

Le tracé French Divide 2017 versus 2016

Comparaison des tracés en carte

Préparation analyse du parcours
Tracé French Divide 2017 en noir et tracé 2016 en bleu

Les tracés French Divide 2017 et 2016 en détails consultables ici

 

Région Nord : Le tracé 2017 diffère légèrement de l’édition précédente en ajoutant une difficulté avec coté français un crochet sur le mont Cassel. Nous passons aussi maintenant par Le Quesnoy, ville fortifiée avec ces remparts en étoile à la Vauban. Le tracé diffère donc pas beaucoup de l’an passé. C’est sur cette portion qu’il faut avancer au maximum et engranger de précieux kilomètres avant que les choses se corsent. Idéalement 220 à 250 km minimum est un bon objectif pour une première journée.

Aisne :le parcours ne passe plus par Hirson et le tracé est un légèrement différent de l’an passé rien de bien méchant je pense à première vue.

Champagne : le tracé est totalement différent entre la ville de Reims et de Chalon en Champagne. Nous avons maintenant la traversée du parc de la montagne de Reims avec nouvelle section offroad et un long single track et ce avant d’arriver au nouveau CP1 de Epernay. Au revoir la grande section plate et roulante le long du canal de l’Aisne à la Marne … Petits changements entre les lacs de la forêt d’Orient aussi.

Bourgogne : à Avallon avec le massif du Morvan, la trace 2017 reprend un peu plus sur le début la GTM ( Grande Traversée du Morvan) que la trace 2016. La GTM est un itinéraire VTT : le ton est donné, nous serons vraiment dans le vif du sujet et dans l’esprit de ce French Divide !

Massif Central : grosse différence, la trace 2017 passe plus à l’ouest que l’an passé, fini la ville de Riom aux pierre noires couleur de lave. Cette année nous serons donc  un peu plus à l’intérieur du massif et dans le vide rural. Puis c’est l’inverse après la ville de la Bourboule le tracé 2017 fait une boucle vers l’est cette fois.

Corrèze :le tracé version 2017 est moins direct et rajoute une boucle plus vers l’ouest suivant plus la vallée de la la rivière Dordogne.

Lot : le French divide 2017 ne passe plus par Saint Médar et donc plus de CP chez Thierry de Bike a Lot. La trace est plus directe et passe cette année par Cahors avec un nouveau CP. Je redoute cette portion car le dénivelé en dent de scie est tuant.

Pyrénées : c’est sans aucuns doutes le plus gros changement par rapport à l’an passé. En effet après le célèbre Tourmalet ( CP bonus),  la trace redescend dans la vallée vers Lourdes puis  passe par Oloron-Ste-Marie. Nous passerons ensuite vers Saint Jean Pied de Port via le GR 65 avant d’atteindre le finish à Mendionde. Cela évite les gros dénivelés pyrénéens. Par contre en cas de grosse chaleur nous serons dans la fournaise… Je ne connais pas du tout ce coin et je n’aurai pas le temps d’y aller avant donc cette partie du French Divide sera la plus grosse surprise pour moi. Je connais la personne qui à aidé Samuel à faire le tracé vers Lourdes, je vais donc quand même essayer d’avoir quelques informations sur le sujet mais il semblerai qu’il y ai de belles portions VTT !

 

La préparation du vélo French Divide 2017

Un des point le plus importantsde la préparation est celui du vélo. Ayant déjà fait l’acquisition l’an passé d’un vélo en partie pour le French Divide, je ne changerai pas de monture pour cette année. Il s’agit donc de mon vélo de marque OPEN modèle UP. Le cadre est en carbone et sa géométrie lui confère un comportement assez sportif et nerveux ( bases courtes asymétriques de section carrées , boitier de pédalier BB386 evo, …). Ce comportement est un vrai bonheur pour envoyer du lourd sur des sorties courtes ou moyennes. En contre partie  cela peut vite devenir éprouvant et raide dans le cassant ou une fois la fatigue bien installée. Pas forcement la monture idéale à première vue pour une épreuve longue distance telle la French Divide 2107. Il va falloir un peu gommer ou assouplir tout ça. Rendre la bête un peu plus sage et confortable.

Les choix techniques :

Roues et pneus

J’ai opté pour des roues en 650B ou 27,5″ montées avec des pneumatiques 52 mm de section (2,1″). J’ai longuement hésité avec des roues de 700 ou 29″ et des pneumatiques de 40-42 mm (maximum de section tolérée par mon cadre). Ce dernier choix serait résolument plus rapide sur le roulant mais aussi plus risqué et bien éprouvant pour le pilote dans le cassant. Mes roues 27,5″ sont montées en 36 rayons croisées par 3 ce qui est gage de plus de robustesse et de moins de soucis en cas de casse d’un rayon. Mon choix c’est porté sur les pneus de marque Vittoria modèle Mezcal. Ils semblent résistants ( flancs renforcés), roulants de part leur bande centrale et la gomme au graphène. Le volume de ces pneus devrait donc m’apporter un gain de confort et d’accroche non négligeable et plus de sérénité.  Le montage tubless m’évitera tout pincements ou crevaisons par épines. Pour le liquide préventif je reste fidèle au produit de chez Stans, je dose à environ 90 ml par pneu. Pour le moyeux arrière je suis sur du Hope Pro4. Ces moyeux sont fiables et faciles d’entretien (j’ai d’ailleurs changé un roulement qui grattait et ce la veille du départ).

Les pneus du Divide 2017

 

Coté transmission

Question transmission je reste en mono plateau 11 vitesses et chez SRAM. Ce choix n’est pas le plus opportun et à mon sens un double plateau serait mieux adapté à ce type de parcours très varié, mais question budget le passage en double n’est pas abordable. Je pense donc partir avec un plateau de 32 dents qui associé à ma cassette 10/42 devrait me permettre de franchir une bonne partie des cotes et reliefs que je rencontrerai. Pour le roulant et le plat je serai certes un peu plus bridé en vitesse de pointe si je veux rester dans une cadence de pédalage non excessive (vers 35 km/h max ). Ma condition physique et mon objectif ne me permettant pas de prétendre au podium, je chercherai probablement à m’économiser sur le plat donc le 32-10 devrait être suffisant.

Electricité

Pour la production de l’électricité je reste sur mon moyeux dynamo Shutter Precision PD8X (axe de 15 mm). Celui ci bien que un peu gourmand en watt ( un poil moins « roulant  » qu’un SON28 par exemple) m’avait donné entière satisfaction sur la première édition du divide de part sa forte puissance. Associé à un phare Bush Muller modèle Luxos lumotec IQ2,  il me permet de recharger mon GPS et mon tel de jour et m’éclairer de nuit voir de recharger aussi si je roule vite ( > 24 km/h). La connectique est bien plus pratique que sur le moyeu dynamo SON28 grâce à un plug bien pensé et facile d’utilisation pour les démontage de roue avant et ce même avec gants ou doigts gelés.

SP 8 series dynamo

Article test dynamos intéressant ( allemand)

phare B&M

Freinage

Pour le freinage cela sera toujours en hydraulique de chez SRAM  en 160 mm arrière et 180 mm devant. Je monterai probablement des plaquettes métalliques afin d’assurer en terme d’usure si les conditions sont humides. Sur ce point je peux encore changer d’avis tellement je n’aime pas le touché et le bruit du métallique par rapport à l’organique.

Poste de pilotage

Pour le poste de pilotage le cintre sera mon fidèle Salsa Cowshipper en taille 44. En effet celui ci est un juste compromis entre le cowbell trop route et le woodshipper trop extreme. Je pense monter des prolongateurs avec une réhausse de 30 mm afin de me reposer les bras et les mains dès que possible sans me plier trop le dos et c’est bien pratique pour servir de support caméra GPS et autres.

Bagagerie

Pour la bagagerie je compte me limiter à une sacoche de selle APIDURA classique en taille L, une sacoche de cadre FAIREWEATHER et une petite APIDURA Top tube. Mon retour d’expérience de ce type de sacoches me fait rester chez APIDURA et dans la version classique non étanche principalement pour des questions de formes et de tenue de la sacoche. En effet l’APIDURA classique est assez rigide (renfort interne) et peut contenir bcp vers le fond : c’est mieux pour le centre de gravité et la tenue de la sacoche. En effet chez ORTLIEBE la sacoche à tendance à être plus en longueur et en hauteur, elle est un peu plus étroite aussi et donc si elle est mal chargée elle à tendance à se casser en deux ou plier … Question étanchéité l »APIDURA n’est pas 100% résistante donc les habits, duvet ou affaires sensibles sont dans des sac étanches extra light ou de vulgaires sac plastique et c’est ok et en plus cela sert d’oreiller.

sacoche de selle APIDURA CLASSIQUE

Pour le transport de l’eau je reste sur la solution classique des bidons: 2 x 0,825l et 1 x 0,5l car c’est bien pratique pour en dédié un aux boissons sucrées ou mixtures. Mon retour d’expérience sur la longue distance est d’éviter tout chargement du pilote ( sac à dos camel et autres) qui à la longue fatiguent et tiennent chaud.  De plus laver la poche d’un camel ou risquer sa moisissure suite aux boissons sucrées est fastidieux.

 

Equipement du cycliste

Il faut être léger sur ce genre d’épreuve. Il faut aussi compter sur des conditions météo variables.  Ce n’est donc pas pas facile à concilier. Il faut faire des choix.  L’an passé nous avions eu des nuits glaciales dans le Morvan ( proche de zéro) et de la canicule par la suite ( 37°C à l’ombre). Il va falloir choisir un juste milieu en terme d’habits et de température de confort. Pour le couchage je pense prendre un matelas de sol gonflable type thermarest neoair Xlight en taille regular ( on reste sous les 400g) et un sursac de couchage genre un pseudo bivy Terranova en goretex et un duvet cumulus X light 200 de 9°c de température de confort. Mon abris mono paroi de l’an passé était super pour seulement 200g de plus mais il prend un peu plus de place. Je n’ai pas envie de monter de sacoche avant cette année. Les passages de gaines et durite sur mon cadre ne sont pas bien positionnés et ma potence est assez courte, je ne risquerai pas une nouvelle rupture de durite suite aux contraintes mécaniques d’une sacoche avant venant écraser tout ça. Mon objectif est de parvenir à rester aux alentours des 4 kg de chargement maxi tout compris (hors poids de nourriture, eau et poids des sacoches vides).

sursac Terra Nova

Liste matériel French Divide 2017

 

La préparation physique pour le French Divide 2017

Quelle préparation faut-il avoir pour pouvoir finir cette aventure dans une fenêtre de 10 à 12 jours?

Je me pose encore cette question pour être tout à fait honnête et je ne suis pas certain d’avoir réponse. A mon sens il faut avoir roulé pas mal sur le vélo prévu pour l’épreuve et ce depuis le printemps. If faut s’être un peu aguerri aux bivouacs. Pour le reste je ne pense pas qu’il faille une préparation spécifique du moment que tu as eu quelques sorties ou épreuves longues distance tests dans les mois ou semaines précédentes. Pour moi j’ai fait un BRM 400 puis la BTR 2017 et je m’efforce de garder un peu la forme depuis mais il ne faut pas non plus arriver fatigué ou surentrainé. Pour ma part j’ai un genou qui est douloureux depuis un WE sur le vélo avec changement de pédales et chaussures…. Cela me panique un peu et je suis taraudé entre repos pour essayer de récupérer et faire partir cette douleur ou continuer un minimum les activités physiques pour ne pas m’encrasser de trop…

Le French Divide est un épreuve longue distance et bien souvent ce n »est pas la condition physique de base qui est très limitante ( si tu t’inscris c’est que tu as déjà un minimum de physique je suppose)  mais la résistance du corps aux traumatismes et bobos occasionnés par une pratique répétitive et soutenue pendant plusieurs jours. Il faut être bien sur le vélo ( le confort prime sur le long) , essayer de bien boire et de s’écouter un minima sous peine de passer à coté de signaux importants que ton corps d’envoie. Les risques de tendinites ou syndromes nerveux ( comme canal carpien) sont les principaux gros soucis pouvant arriver au bout de quelques jours. Mon conseil si tu n’as pas de prétentions de temps ou de records  ( finir en moins de 15j) est le suivant : partir à allure raisonnable voir plus lente que ce que tu es habitué à faire normalement, bien manger et surtout bien boire et récupérer et s’allouer des vraies nuits les trois ou quatre premiers jours histoire de trouver son rythme et habituer son corps. Puis si ça passe sans bobos alors essayer d’allonger la distance et réduire les arrêts et temps de repos. Pour faire un chrono ou une performance ( moins de 12J) comme bien souvent dans ce genre de course il faut vite creuser un écart et enquiller pas mal et ce dès le premier jour et la première nuit puis essayer de maintenir cette avance par la suite. C’est une gestion totalement différente où ton corps a intérêt à être déjà rodé car il va prendre gros sans pouvoir récupérer !

 

 

 

la suite bientôt ….

Une réaction au sujet de « Ma préparation à la French Divide 2017 »

  1. Bonjour,
    je lis avec attention vos articles sur le French Divide, comptant y participer en 2018 avec un ami, je possède également un Open UP
    je vois que vous avez monter une fourche Lauf pour cette épreuve est elle souhaitable ou indispensable ?
    merci de vos conseils

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