Improvisation Gravellistique sur les hauts plateaux du Vercors.

Improvisation Gravellistique sur les hauts plateaux du Vercors.

Le retour du printemps ou l’appel du Vercors

Mai 2017, le printemps est maintenant bien installé. Les températures s’adoucissent. Nos fidèles montures commencent à avoir des fourmis dans les roues…

Où pourrions-nous nous évader quelques jours avec nos vélos dans la nature et loin du stress Parisien ?

L’Italie et la Toscane ? Bonne idée, regardons ça. Heu pas si facile, les billets d’avions s’arrachent et les prix grimpent… De plus j’ai peur pour mon vélo en soute et puis c’est pas top l’avion, pas très écolo et lourd logistiquement à mettre en place….

Je propose donc à ma douce de vadrouiller à partir de la Drôme provençale où nous pourrions avoir un pied à terre chez mes parents.

Ma chérie tu connais le Vercors ? Non pas bien ?  Bingo ! Voilà une destination sympa pour faire un peu de bikepacking et de vadrouille !

Je suis bien conscient que cela va pas être pas facile de planifier une boucle à vélo d’un niveau de difficulté abordable sur deux ou trois jours. Il faut aussi savoir que la pratique du vélo de montagne ( ou VTT) est assez strictement encadrée dans ce parc naturel des hauts plateaux du Vercors… Pas trop le choix des chemins de traverses, c’est l’itinéraire VTT de la GTV (Grande Traversée du Vercors) ou GTV en gros. Cela annonce la couleur : je vais monter les roues 650B et les pneus VTT sur mon gravel  !

Place à l’improvisation : je trace vite fait une pseudo boucle avec quelques points de chute et noms mythiques que j’avais en tête, cela fera l’affaire !

Le tracé en bref :  une boucle au départ de Chatillon en Diois avec pour idée de passer par le cirque d’Archiane pour grimper sur les hauts plateaux où nous devrions avoir une jolie vue sur le Mont Aiguille. Objectif passer la nuit à la cabane du Peyret, et reprendre notre route vers le nord pour saluer le Grand Veymont et nous diriger vers La Chapelle-en-Vercors puis Vassieux en Vercors puis le col du Rousset. Nous verrons bien sur place en fonction du temps par où nous redescendrons dans la vallée. J’ai bien envie des balcons du Glandasse mais cela risque d’être un peu technique et dangereux pour Pauline, à suivre donc.

 

Compte rendu de notre improvisation gravel bikepacking dans le Vercors

 

Le départ depuis Chatillon en Diois se fait bien plus tard que prévu, nous avons traîné et quitté Nyons que tardivement, puis nous avons mangé au restaurant, c’est les vacances après tout !

La route est agréable et monte doucement vers l’entrée du cirque d’Archiane où nous débouchons avec nos montures chargées tels des gladiateurs dans une arène. Les rares marcheurs redescendent déjà et le soleil est loin du zenith…

 

 

 

 

La route laisse place au GR, celui ci commence sérieusement à grimper fort dans les pierriers. Au bout de quelques centaines de mètres il faut se rendre à l’évidence : j’ai sous estimé la difficulté de ce GR, cela ne passera pas sur le vélo c’est une évidence maintenant. La lecture d’une carte seule n’est pas suffisante, il faut aussi se renseigner et investiguer, cela me servira de leçon!

Quelles sont nos options ? C’est simple : Faire demi tour et contourner le massif pour prendre une route qui nous mènera le plus haut possible et essayer de monter sur les plateaux via un autre chemin ou bien, persévérer sachant que cela va être poussageet portage et que c’est parti pour 2h au minimum au vu du dénivelé à gravir…

Pauline tranche : il faut continuer pour le meilleur comme pour le pire.

La progression est lente, nous poussons et devons porter fréquemment nos montures, Pauline me surprend, elle encaisse et prend cet exercice avec philosophie. Je sais bien que cela est très physique pour elle et qu’elle risque d’en pâtir demain mais c’est pas une divideuse pour rien !

 

Portage bikeacking Vercors
Pauline en plein effort

 

Nous progressons tant bien que mal et arrivons sous une falaise impressionnante, le chemin y est étroit et de l’eau tombe des hauteurs. Vu le tas de cailloux et éboulis au sol nous avons peur de prendre une pierre sur le coin de la figure, il faut pas trainer ici, passons vite cette portion.

Cela se corse, nous sommes devant la dernière difficulté, un sacré soubresaut, un mur raide d’au moins 140m de dénivelé qu’il va falloir gravir via un chemin enfin plus une trace composée à 100% de grosses pierres branlantes. J’ai peur pour mes chevilles, il ne faudrai pas se faire une entorse ici … Ce dernier rempart est éprouvant et j’aide Pauline. Nous arrivons enfin sur le plateau mais nous sommes épuisé et le temps à filé.

Le soleil se cache derrière l’horizon, la température chute brusquement. Nous sommes pas rendus, il nous reste un bout pour la cabane. Je ne suis pas trop inquiet car nous avons de l’eau, de quoi manger et bivouaquer mais Pauline n’a pas de matelas de sol c’est tendu sur ce sol calcaire et caillouteux….

La luminosité baisse rapidement et le chemin devient dangereux car il est parsemé de lapiaz ( formation géologique résultant du ruissèlement dans les roches de type calcaire en forme de ciselures d’une profondeur pouvant atteindre plusieurs mètres) véritables dangers où il est facile d’ici laisser une cheville ou une jambe.

D’un coup sans prévenir apparait le mont Aiguille. Il trône majestueusement. Il est tout ensanglanté des dernières lueurs du couchant, c’est magnifique. Nous ne pouvons pas nous attarder il faut avancer pour atteindre cette fichue cabane.

 

Le Mont Aiguille

 

Pauline chute, sans trop de bobos heureusement mais cela nous fait prendre conscience que nous ferions peut être mieux de trouver un endroit pour le bivouac avant qu’il fasse complètement nuit. En effet vu notre vitesse de progression mon phare alimenté sur mon moyeux dynamo est quasi inopérant, j’ai bien une mini frontale mais pas Pauline.

Je fait le difficile sur le choix de l’emplacement du bivouac, Pauline campe sur sa décision : dormons sous ce sapin nous sommes un peu abrité.

Nous mangeons quelques victuailles ( saucisson, cacahouètes, fromage & pain) et après avoir coupé quelques branches de sapin pour nous calfeutrer un peu plus, nous nous glissons dans nos duvets. Je me demande tout haut si il y a des loups par ici ? Surement…

Il fait froid, nous somme à 1600m d’altitude quand même et le ciel est bien dégagé. J’ai un bivy en gortex qui fait gagner quelques degrés de confort, heureusement, car avec mon duvet 8°C de confort je serai mal. Pauline à un bon duvet plus chaud mais elle n’a pas matelas et le sol froid et humide pompe les précieuses calories par conduction. Pour couronner le tout le bivy couverture de survie que je lui ai prêté s’avèrera non respirant : elle se retrouvera complètement trempée au petit matin ….

Le jour point, nous sommes pas très reposés quand nous repartons en direction la cabane du Peyret. Le décor est typique du Vercors : de grands plateaux verdoyants qui se cassent brutalement formant des lignes de crêtes magnifiques et des falaises abruptes.

 

 

 

 

 

Nous arrivons finalement à la cabane du Peyret où nous aurions dû dormir. Nous y faisons une halte, remplissons nos bidons et discutons un instant avec un randonneur déjà arrivé.

 

De l’avoine pour nos montures SVP 🙂

 

Le chemin que nous suivons est en partie celui de la GTV. Il est assez caillaisseux pas moment et malgré mes gros pneus cela tape fort, mais au moins nous roulons cela change de la veille ! Le temps est au grand beau et la température grimpe, il doit commencer à faire bon en bas dans la plaine, ici nous sommes bien.

 

 

Nous saluons le Grand Veymont qui est encore partiellement enneigé et nous nous dirigeons via un sentier plus étroit vers Saint-Agnan-en-Vercors.

 

Le Grand Veymont point culminant du massif du Vercors (2341m)

 

Le grand Veymont point culminant du massif (2341 m)

 

La vallée y est verdoyante, quelle vision chlorophyllienne!

 

 

 

Nous décidons de pousser jusqu’à la Chapelle en Vercors afin de trouver un point de chute où nous pourrions prendre une douche. Le camping municipal fera l’affaire. Nous y dormirons sous des tables de jardin afin de nous protéger de la rosée et de la lumière des lampadaires.

 

 

Pendant le petit déjeuné gargantuesque les affaires sèchent au vent.  Nous repartons en direction de Vassieux-en-Vercors. Nos montures filent à vive allure sur de belles gravel road blanches et éblouissantes sous le soleil de midi juste avant d’arriver au village où une pause repas s’impose.

 

 

 

 

Afin de boucler le parcours et revenir sur nos pas ils nous faut rejoindre le col du Rousset. Nous y arrivons via l’ancienne voie romaine taillée et accrochée à flancs de falaise. C’est impressionnant il y a du gaz (vide) et beaucoup de pierres sur le chemin !

 

 

 

 

Le col du Rousset vu de la voie romaine

 

On prend un forfait remontées mécaniques pour nous épargner un peu de grimpette ?

 

 

 

Nous essayons de passer via un sentier mais rebroussons chemin, c’est trop engagé. Nous optons pour le tunnel routier et déboulons sur la station de ski. Nous décidons un peu bêtement de prendre les pistes de ski afin de reprendre le GR93 et la GTV. En fin de journée cela est dur, on réalise alors qu’une piste de ski c’est vraiment pentu en fait. Nous poussons nos vélos chargés. Je vous conseillerai donc de prendre la route bitumée qui plus monte plus progressivement jusqu’au pied de la piste de ski Echelette pour rejoindre le GR 93. Le soleil décline, j’ai plus d’eau et une soif terrible. La montée vers le haut plateau afin de rejoindre la cabane du Peyret me semble interminable.

 

La boucle est presque bouclée on dirait !

 

 

 

Popote du soir ( réchaud P3RS à alcool et tasse titane)

 

 

Après une nuit abritée et correcte dans la cabane, nous reprenons notre chemin avec pour idée de redescendre via le Pas des Econdus, itinéraire conseillé par un randonneur expérimenté.

La descente avec un sentier à flancs de relief et une vue superbe nous fait pas regretter notre choix. Les balcons du Glandasse cela sera pour une prochaine fois.

 

Avant la bascule par le Pas des Econdus

 

 

 

 

 

 

 

Nous finissons la descente pour rejoindre Die, la ville où la clairette coule à flot et ce via le superbe chemin des Fondeaux qui surplombe la rivière Meyrosse.

Nous profitons de la fin d’après midi à Chatillon en Diois pour déguster et visiter une cave de clairette bio, histoire de ramener quelques flacons souvenirs.

Voilà une virée de plus à notre actif, c’était dur mais c’était beau et nous nous sommes promis comme chaque fois de revenir bientôt.

liens Strava, traces GPS

premier jour : https://www.strava.com/activities/992532107

Deuxième jour : https://www.strava.com/activities/992532132

Troisième jour : https://www.strava.com/activities/992327679

Quatrième jour : https://www.strava.com/activities/992327758

carte globale

Vercors trace gravel

 

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