Grand week-end de l’ascension 2021 Road bikepacking

Grand week-end de l’ascension 2021 Road bikepacking

Vélo ok, mais où ?

Le grand WE d’ascension se profile et je suis disponible à 100% pour aller rouler. Il faut en profiter c’est pas tous les jours. Trois ombres viennent cependant me faire hésiter sur mes choix. Une météo digne d’un mois de novembre, un genou toujours pas vaillant et ce foutu couvre feu de 19H00…
Le 727 ou Le Grand Tour de l’Hérault  trace de Thierry ? Très tentant bien mais question météo et bivouac risque d’etre un peu tendu dans le relief. J’ai aussi un peu peur d’un soucis physique ou mécanique au milieu de la pampas.
The North Trail trace proposé par Rémi ? Traverser toute la France pour me rendre dans le nord pour une météo pas terrible pfiou j’ai la flemme….
Je me décide enfin la veille pour une boucle de bikepacking sur route. Je n’ai pas envie de prendre la voiture ni de trains pour limiter la logistique et mon empreinte au maximum. La météo n’étant pas des plus favorable et le couvre feu empêchant de rouler en bonne conscience et en légalité après 19h, je me dit que dormir en dur chez de la famille et ou amis est une bonne option. Cela me permettra de voir du monde, de me focaliser seulement sur la journée de ride et de voyager sans le barda bivouac.
Les grandes lignes sont posées : je partirai de chez moi près de Grenoble pour rejoindre mes parents à Nyons dans la Drôme Provençale puis irai rejoindre un ami près de Montpellier puis on avisera pour le retour….
Je trace rapidement deux parcours via Brouter et transfert ça dans le GPS via Garmin Connect. C’est pas le meilleur moyen car à chaque fois Garmin Connect doit alléger un peu le fichier et la précision de celui ci laisse parfois un peu à désirer mais bon sur route je devrais m’en sortir, je ne suis pas totalement en terrain inconnu.

La Préparation

La préparation du vélo est plus longue que prévue. Mon gravel Open UP est en mode off-road et à sérieusement ramassé ces derniers temps. Il me faudra donc le repasser en mode bikepacking route et faire de la maintenance. Après changement des fonds de jantes tubless, montage ( non sans mal car bien abimés ) des pneus WTB exposure 34 mm, dévoilage des roues, redressage de jante arrière bien binguée, changement de plaquettes de freins, changement de plateau et de chaine,  montage des prolongateurs, swap de l’éclairage dynamo pour un éclairage sur batterie ( je n’ai plus de roue en 700 équipée de dynamo) le vélo est enfin prêt.
Le choix du plateau fût cornélien. Monter le 40 dents ou le 36 ? J’opte pour le 36 en me disant que j’aurai de la marge avec ma cassette 10-42 pour les ascensions et pour le gravel et que cela me forcera à moins tirer sur le genou? Après ce choix bâtard de plateau le seul truc où je suis pas confiant c’est mon pneu avant  qui s’est abimé prêt de la tringle lors du montage. Il a donc une rustine autocollante et une petite hernie pas glop espérons que cela tienne le choc.

Jour 1

Jeudi matin au moment de décoller je suis fatigué, il fait gris et il pleut doucement. La température affichée est de 5 degrés…. Je me motive et fini par décoller sur les coups de 8H du matin. Le début du tracé est efficace avec la voie verte ou V63 le long de l’Isère. On y avance vite sans être ralenti mais que c’est monotone sous le couvert végétal et le long de la A7… Sur les prolongateurs j’attends que cela passe…. Le sol est bien mouillé et recouvert de pollens spongieux, les surchausures font le taff. Le vent est favorable et mon plateau de 36 se trouve souvent trop petits sur le roulant! Je plafonne à 40-42 km/h environ.  Mon tracé caresse ensuite le Vercors sur son versant Est avec la montée vers Léoncel et le col de Bachus (1000 m).
La météo s’améliore et le ciel se découvre. J’ai faim mais je bascule sur Plan de Baix où je décide de faire un stop pour manger.  J’ai trop attendu je suis en hypoglycémie, la descente m’a refroidi et je claque des dents. L’arrêt sera donc de courte durée. Je descends plus bas dans la vallée et retrouve enfin le soleil et des températures plus élevées pour un stop repos sieste de quels minutes à Aoust Sur Scie. La rivière est haute et blanche chargée de calcaire surement.
C’est surprenant comme en vélo on peu vite passer du bien au moins bien. De bonne sensations à un moment pas drôle à endurer. Il faut savoir l’accepter, endurer un temps et aviser afin de revenir en zone de confort au plus vite sinon c’est du masochisme.
L’après midi passera vite et les sensations seront meilleures. Je passe du froid et des frissons à la suée et à la soif dans l’ascension du pas de Lauzun ( 504 m) via une superbe route remarquable serpentant dans la foret de Saou. Je connaissais pas et c’est une belle découverte! Puis je retrouve le Diois, la route de la clairette, le soleil et la végétation verte fluo gorgée de sève, les odeurs familières du terroir local. J’éprouve toujours autant de plaisir à rouler dans le Diois et la Drôme. Sur la nationale le traffic est dense, les motos et campings cars me dérangent dans mon état second et ma contemplation. Je décide donc de sortir du tracé à Bourdeaux et de couper. Je sais que cela va monter. Je suis quand même un peu surpris avec une belle bosse d’environ 400 m de D+ avec des passages à 11%…  Au sommet la belle église romane de Comps vaut un cliché. Je suis sec et dans le dur, mon plateau 36 dents est bien maintenant, il est temps d’arriver!
Stats : 197,5 km et 2221 m de D+ à 25,3 km/h de moyenne. (Pas mal pour une reprise de bikepacking, je suis satisfais).

Jour 2

Vendredi midi après un repas un peu trop copieux c’est en somnolence installée que je repars direction Sommières dans l’Hérault. Cela va pas etre un tracé de folie. Je l’ai fait court afin d’arriver à 19H et de ménager mes jambes et l’organisme. J’appréhende la traversée de la vallée du Rhône. J’en garde un très mauvais souvenir lors de la BTR 2017. Cette fois la canicule n’est pas de la partie heureusement. Cette partie est plate, recouverte de monocultures viticoles et fruitières et blindé de traffic et de vent. Pas de surprise le vent est au RDV. Il sera aidant dans l’ensemble mais surtout de travers et bien fatiguant à la longue pour les oreilles et à cause de la vigilance pour éviter les rafales. La météo est toujours un peu frisquette pour la saison et j’essuie un grain et de la grêle juste après la traversée du Rhône. J’emprunte une petite section gravel plaisante avant Uzes. Le traffic est dense et il le restera jusque à la fin avec un paroxysme dans Uzes littéralement bloquée dans un embouteillage monstre… . Le temps file je tache de pas m’éterniser lors de mes arrêts. Je dois être fatigué car ma fréquence cardiaque est basse et plafonne très vite même quand j’appuie sur les pédales…
J’arrive avant le couvre feu à Sommières, passe le Vidourle connu pour ces crues mémorables et me pose chez mon ami Baptiste.
Stats : 132,6 km et 920m D+ Moyenne : 27,3 km/h

Jour 3

Repos / balade et petit tour VTT dans les carrières de Beaulieu. Un spot atypique et sympa qui mérite le détour. Les gros boudins et une fourche même bas de gamme ça change du gravel et c’est efficace dans le cassant 🙂
Carrières de Beaulieu. Voilà une belle roue de secour 🙂

Jour 4

Réveil 6h du mat je file à la fenêtre et demie surprise ça flotte doucement. Je me prépare et prend un petit dej frugal. En selle Marcel. C’est mouillé mais la flotte c’est arrêtée. Cela ne durera pas elle reprendra 1h après pour ne quasi plus s’arrêter de la matinée. Je monte vers l’Ardèche avec pour but Valence ce soir. La goretex est necessaire. Elle est un peu chaude pour le dénivelé et pas très aéro mais au moins je suis pas trempé. Je passe le Gardon et continu ma route au nord. Je décide un stop boulangerie dans un petit bled avant midi histoire d’assurer un ravito si je trouve rien. 3 petits vieux sont devant j’attends patiemment mon tour, c’est interminable, ça palabre blabla … Quand c’est à moi je ne peux payer car la carte n’est pas acceptée …. Il aurai pu le mettre sur la devanture j’aurai tracé direct … Enervé je peste et file, je veux trouver avant 12H car après cela risque d’etre fermé. A un autre village nommé Beaulieu je trouve mon bonheur et je me paye des croissants et un jésuite juste ouffisimme : le kiffe total et en plus il ne pleut plus.  J’emprunte la via Ardèche à Ruoms qui est un itinéraire voie verte en stabilisé quasi plat et empruntant des viaducs aux vues superbes et des tunnels très joliment éclairés. C’est le pied et je me laisse happer et arrive quasi a Aubenas alors que ma trace coupait plus à l’est. Je décide de rejoindre la trace et pour éviter la garde route et la densité urbaine je me retrouve à faire de la navigation sur des chemins agricoles glissants et parsemés de trous d’eau. Mes pneus s’en sortent bien.  J’ai faim, il pleut doucement, il me faut chercher un abris pour manger. Je laisse passer une superbe grange remplie de ballots de paille car un peu en vue et à 200m de la route …. Je m’en mordrais les doigts car la suite n’est pas terrible. En effet je me retrouve sur la grosse nationale N102 très empruntée. Celle ci monte sévère et la pluie s’intensifie. Je cherche a esquiver au plus vite et me tape une descente presque VTT sur La Vielleville…. Je finirai sous un abris sur un parking d’un petit bled. Exit le repos sur les ballots de pailles, quelle erreur de débutant. Puis arrive le col de Benas à 795 m que je gravirai dans les nuages et sous le crachin. La descente sur Privas se fait bien. Par la suite je dois descendre dans la vallée du Rhône et c’est l’enfer car la route est encombrée ( retour de grd we). Je remonte la file continue de voitures en esquivant les véhicules arrivant en face ne voulant pas se rabattre. Quelle misère. J’arrive enfin sur Le Pouzin où je traverse le Rhône gonflé à bloc par les pluies et je bifurque sur la via Rhôna. Je suis la via Rhona jusqu’au vélogite Valence où je rejoins Bruno le tenancier que je n’ai pas vu depuis des années. Apres une douche une pizza une bière et quelques discussions me voilà prêt à rejoindre Morphée.
Stats 209 km 1861 m de D+ à 24,6 km/h de moyenne.
Col de Bernas
Vers le col de Bernas
Vers le col de Bernas
velo gite Valence
Vélogite Valence

Jour 5

Retour Grenoble via la V63. Il fait beau et frais. Bruno m’accompagne jusque Roman Sur Isère en vélo puis je continu seul. Cette voie est sympa, superbement revêtue et loin d’etre toute plate avec quelques petit raidars de temps à autre. Le temps se couvre et je quitte par inadvertance la V63 vers St Marcelin. Je navigue à vue superbement sur des routes secondaires plaisantes. Puis je reprends les interminables bords de l’Isère quand mon pneu avant se retrouve à plat …. Ma réparation à percée et fuite…. Arf si près du but… Après quelques gesticulations et regonflages le préventif fini par faire le taff et tiendra à moyenne pression jusqu’à la maison.
Stats 132 km D+733M moi 27,5 km/h
J5
Velo route 63

En conclusion

Voilà cela faisait longtemps que je n’avais pas fait une virée bikepacking et dans l’ensemble j’ai eu de bons ingrédients pour faire  de ce grand we un bon cru. Du bon et du moins bon temps, des moments de solitude mais aussi de convivialité, de beaux paysages malgré les nuages. Un genou pas vigoureux mais qui au final ne m’a pas trop embêté et pas trop de comportement dangereux de la part des automobiliste (à part un 4X4 qui vers Dieulefit a dû me doubler à 150 km/h …. Seuls manquaient les bivouacs, mais je compte bien y remédier rapidement si possible.
Le vélo est un formidable moyen d’évasion. Il donne un sentiment de liberté puissant. Il permet de découvrir notre beau pays. On s’y retrouve seul et cela permet de réfléchir même si bien souvent cela reste stérile pour ma part. C’est aussi des moments spéciaux. C’est un amplificateur de sentiments. Au deuxième jour je me parlais à voie haute pour combler l’absence de conversation ou pour exprimer ma joie ou exprimer mon mécontentement. Une bonne pâtisserie ou une jolie route vous emmène au paradis. Une pluie froide sur une route dangereuse vous transporte en enfer. Le vélo est généreux il donne beaucoup mais il sait aussi etre impitoyable et il peut vite reprendre ce qu’il vous a donné quelques instants plus tôt, c’est ce qui en fait son charme je pense.

One thought on “Grand week-end de l’ascension 2021 Road bikepacking

  1. T’es vraiment un gros bouffeur de pizza 5 saisons !
    Du coup on peut compter sur toi pour nous remplacer ? Cool merci je savais que ça te ferai plaisir 😉 L’aspirateur, la serpillère, les chiottes tout ça … Bref, fais signe on a hâte !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *