French Divide Edition N°2 ( bikepacking aventure)

French Divide Edition N°2 ( bikepacking aventure)

Voici un compte rendu chronologique en texte et en images de cette formidable aventure « bikepacking » qu’est la French Divide. Cette épreuve sportive hors norme et d’un genre nouveau (ou presque vu que c’est la deuxième édition) vous tire hors de votre zone de confort et vous pousse dans vos derniers retranchements. Une opportunité pour se découvrir et découvrir la France et ses habitants sous un angle différent. Une épreuve sportive qui n’est pas officiellement une course mais où chacun y gagne sa propre course. Pour ma part je comptais rallier la ligne d’arrivée un peu plus rapidement (10j) mais la météo et le physique en auront décidés autrement. L’essentiel étant d’arriver à bon port, les expériences vécues en chemin quelles soient difficiles ou agréables resterons gravés en vous pour longtemps.

Le lien vers toutes les photos (album google photo)

Jour 1 : Le départ de l’aventure bikepacking.

Bray Dunes -> Maroilles

Distance :260,1 km;  Tps  deplacement: 12:50:48;  D+: 1 529 m; moyenne: 20,3 km/h

5h15 le réveil sonne. J’ai l’impression que cela fait 20 minutes que je me suis endormi. Une insomnie m’a empêchée de dormir jusqu’au petit matin. C’est bien la peine d’avoir réservé en dur pour etre en forme et passer une sale nuit! Le stress du départ ne doit pas y etre pour rien. Denis Chazel, un ami expatrié au USA en villégiature en France pour cette petite promenade de santé à vélo à lui dormi comme un bébé. 6h00 nous sommes sur la digue de Bray Dunes avec les autres concurrents de notre vague ( les points oranges sur la page de suivi des trackers SPOT). Je discute brièvement avec Sylvain Blairon qui fait ses adieux à sa petite famille. En terme de vélos il y a des gravel mais aussi pas mal de VTT. La quasi totalité des concurrents sont en bikepacking et je ne crois pas avoir vu de sacoches de touring traditionnelles. Le grand chef Samuel fait l’appel puis le départ est donné à 6h24 précise. La vague de divideurs se lance derrière le coq ouvreur ( merci Armand Becuwe) et la voiture éclaireuse avant de s’élancer pour de bon sur les chemins des Flandres.

Mascotte French Divide
Armand B. le coq officiel du French Divide (photo Milopix)

 

Open UP French Divide bikepacking ready
En attendant le départ

Je part à mon rythme et ne veux surtout pas aller plus vite. Je suis dans le cirage surement à cause du cachet que j’ai pris pour m’endormir. Je laisse partir Denis et pas mal de concurrents devant le temps que je retrouve un peu de forme.  Je fais un bout de chemin avec Sylvain Blairon jusqu’au pied du Mont Cassel. Suite à un arrêt de ma part et comme lors la BTR il part devant et je le reverrai plus. Je ne suis pas au meilleur de ma forme et mon genou me lance déjà quelques signaux d’alerte. Je prends sur moi et essaye de ne pas y penser. Je connais bien cette première étape : il faut s’économiser mais pas trainer trop non plus et rester un peu frais pour les secteurs pavés de fin de journée. La pluie et le vent viennent compliquer ma progression après le mont Cassel. Les chemins sont un peu glissants et gras. Je stresse car je n’ai qu’une paire de plaquettes de frein de rechange (organiques en plus) et mon jeu actuel est déjà bien usé et la boue va réduire encore leur durée de vie.

Flandre
Les Flandres et le temps du Ch’nord (Photo MiloPix)

 

bikepackers bikepacking
Ca baigne !

Je finis par rejoindre Denis, nous roulerons ensemble toute la fin de journé. Nous essuierons encore quelques averses dans l’après-midi avant d’attaquer les secteurs pavés. Nous cherchons constamment l’endroit le plus roulant mais les nombreuses flaques nous empêchant bien souvent de prendre les cotés. Dire que les coureurs pro se tapent ça en vélo de course en pneus de petite section …

Pavés
Secteur pavé

Nous traversons rapidement la forêt de Marchienne et passons devant les vestiges des mines de Wallers Aremberg : pas de doutes nous sommes bien dans le Nord. Arrêt et ravitaillement à Prouvy, je suis rechargé et retrouve enfin la forme. En début de soirée nous voilà arrivés à Le Quesnoy après une visite touristique des souterrains et des remparts de la ville fortifiée ( merci Samuel !). La ville est plongée dans une effervescence insupportable, nous avons du mal à traverser l’artère principale en pleine braderie et zinzin. Je suis avec Denis et André Pérez, nous décidons de fuir et de continuer vers Maroilles.

 

 

La nuit nous surprend en pleine traversée de la forêt de Mormal. Les chemins y sont boueux voir marécageux. La fatigue n’aidant pas à la navigation nocturne je manque de me mettre à terre plusieurs fois. Nous ferons finalement halte pour la nuit dans un petit camping bien pourri à Maroilles. L’objectif kilométrique est respecté pour cette première journée. La nuit sera très froide et très humide mais mon bivy goretex me protège bien (avec pour une fois pas trop de condensation interne). Je dors « relativement » bien car épuisé de la journée et de mon insomnie. A contrario Denis qui est à même le sol sans matelas et sans bivy semblera bien crevé et gelé au réveil…

Jour 2 : Dans le vif du sujet, CP1 sans les bulles.

Maroilles -> Epernay ( CP1)

Distance: 192,4km; tps déplacement: 10H50; D+: 1 934 m; moyenne: 17,7 km/h

Le jour n’est pas encore levé que nous sommes déjà debout. Il fait froid ( 5°C au compteur) et nous sommes plongés dans un épais brouillard bien humide. Arrêt à la boulangerie du village où nous y retrouvons Sophie Brow. Je prends un pain au maroilles pour les encas de la journée et après avoir englouti au moins cinq ou six viennoiseries et bu un bon café nous repartons sur les sentiers de l’Avesnois. Le brouillard est dense et fait des gouttes sur mes lunettes (il me faudrai des mini essuie-glaces 🙂 ) et donne une ambiance écossaise au décor. 

Avesnois French Divide
Le Brouillard de l’Avesnois

Quand nous arrivons dans le Thiérache avec ses églises fortifiées typiques, le soleil à enfin pris le dessus sur le brouillard. En début d’après-midi, je lâche Denis et je part seul devant. J’ai abaissé un peu ma selle ( 1 à 2 millimètres) et un peu incliné celle ci et comme par magie les maux de genoux semblent s’atténuer. Je suis en forme et accélère un petit peu. En fin d’après-midi je retrouve Sophie avec qui je roulerais toute la fin de journée.

Thiérache French Divide
Le Thiérache et ses Eglises fortifiées

 

L’Aisne

Dans le parc de la Montagne de Reims nous retrouvons Rémi sur son Surly avec qui nous repartons pour un single track magique. Samuel et Clément (le photographe) nous attendent à la sortie de celui ci (photo du dessous). Puis une dernière section de route et une descente très rapide nous amène au CP 1 de Épernay juste dans les temps pour partager en groupe un repas bien mérité.

gravel road
Plaisir : Une belle gravel road au sortir du single technique

 

Petits assouplissements

 

CP1
En route vers le CP1

 

Vignoble champennois

Nous décidons de réserver une chambre d’hôtel à trois non loin du centre-ville. Je suis un peu en retard sur mes prévisions mais je suis fatigué donc il est sage de stopper là et je suis pas contre une bonne douche! Denis arrive au moment où nous quittons la table: il a fait une partie du single technique de nuit. La douche me fait du bien mais je ne dors pas très bien, la soif m’oblige à me lever plusieurs fois.

Jour 3 : La porte horaire validée et premier passage de concurrent de la vague précédente.

Epernay ( CP1) -> Bar sur Seine

Distance 211,8 km; Tps :10:42:08;  D+: 1 678 m;  moyenne: 19,8 km/h

Rémi décolle en premier suivi de Sophie puis c’est à mon tour de partir un peu après 6H00. Halte rapide à la première boulangerie ouverte.  Les premiers kilomètres sont physiques. La trace grimpe dans les vignobles avec des pourcentages m’obligeant parfois à zigzaguer tel un ivrogne pendant que le soleil fini de se lever complètement. 

Levé de soleil sur Epernay

 

Champagne
Moet & Chandon, pas le temps pour une coupe !

 

champagne
Le raisin mûrit

Le relief devient moins prononcé en arrivant sur Vitry-Le-François. Je rattrape dans la matinée Sophie avec qui je roule un petit moment. La trace est essentiellement composée de larges sections de gravier grossier où il est finalement pas trop compliqué d’atteindre les 20 km/h. La météo est clémente et j’avance sur un rythme correcte. Petite frayeur quand j’efface la trace du jour de mon GPS par inadvertance… heureusement j’ai un deuxième GPS!

Gravel road
Sophie en action

L’arrivé sur Brienne le Château est moins plaisante que l’an passé. En effet la trace emprunte la route nationale bordée de grillage sur presque 10 kms, plus de single dans la forêt. C’est un peu dommage mais Samuel doit avoir une bonne raison. En arrivant à Brienne je suis fatigué et affamé et je m’octroie une pause pendant laquelle Sophie repasse devant. Sur les bords du lac d’Amance je croise Charle Henri un concurrent de la vague de vendredi ( un spot bleu ). Je roule un moment avec lui et nous discutons un peu. Il est novice dans ce genre d’épreuve et donc intéressé de discuter avec un vétéran du Divide :). C’est bon pour le moral de reprendre des participants ! Je suis largement dans les temps pour traverser la partie interdite entre 21H et 6H00 de la forêt d’Orient.  Lors de la traversée de cette section, en pleine descente je ressent subitement une très vive douleur sur le torse sous mon bras droit, ça lance et brûle terriblement. J’attrape les freins en catastrophe.  J’ai été piqué par un insecte prisonnier de mon jersay ouvert. Ca gonfle vite et laisse une belle auréole… Surement une guêpe ou un frelon. A la sortie de la foret je retrouve Rémi, Sophie et Charles Henri, nous repartons ensemble en direction de Bar sur Seine où nous arrivons pour le repas. Pendant que nous avalons notre maxi burger à la terrasse d’un Restaurant, Francis Masse sur son fat bike déboule. Un brin de causette plus tard il repart avec un autre concurrent vers un gite plus loin sur la trace. La météo est prévue moche et le ciel en atteste. Sophie nous indique que l’an passé elle avait dormi au sec au presbytère. Nous récidivons et nous y sommes bien accueillis et autorisés à dormir dans une salle au sec.

Bar sur Seine by night

 

Bikes bikepacking
Au presbytère de nouveaux pensionnaires envahissent les lieux

Il y a un lavabo c’est parfait parfait, de quoi faire un minimum de toilette. Nous nous couchons un peu tard à mon goût. Rémi met aussitôt le diesel en route… J’enfonce les bouchons dans les oreilles et essaye de trouver le sommeil.

 

Jour4 : La Bourgogne humide, CP2 au mental

Bar sur Seine -> Quarré les Tombes

Distance: 181,7 km; Tps déplacement :11H39 ;  D+: 3 272 m;  moyenne: 15,6 km/h

6h50 je décolle en dernier. Il pleut doucement mais surement. La première bosse me donne vite chaud. Je rattrape Sophie et continue ma route seul. La trace passe par une succession de collines assez prononcées, les montagne russes bourguigonnes. A chaque fois il faut systématiquement descendre au point bas et gravir entre 100 et 200m de dénivelé positif pour arriver au sommet , c’est assez éprouvant mais cela me convient bien comme effort ( cela me fait penser au VTT). Je croise Francis sur son fat, il semble un peu en peine. Je part devant à mon rythme quand une fringale survient. Par chance je tombe sur une boulangerie ambulante où je me paye une gougère délicieuse et salvatrice avant d’attaquer la bosse suivante que je finirai à pied…

Gougère bourgogne fFench Divide
La gougère c’est bon

Je me souviens de cet endroit: l’an passé Pauline avait eu des soucis avec ses roues tubless et nous avions du la repasser en chambre à air. Le temps est toujours gris, il fait pas chaud même presque froid sous le petit vent mais au moins il ne pleut plus. Cela me convient bien car je ne supporte difficilement le chaud pendant l’effort. Je connais bien cette région ( mes grands parents avaient une maison à 10 km de Tonnerre); je sais donc exactement à quoi m’attendre pour cette journée. A Tonnerre je fais le plein au supermarché et un long arrêt où j’enchaine 3 expressos afin de me redonner du peps et du courage. Mon objectif est de rallier Avallon dans l’après midi. L’après midi s’écoule, je zappe la pause bouffe à Chablis pour essayer de creuser un petit écart avec Sophie qui me talonne toujours et qui ne lâche rien. Elle a la gniak cette année on dirai ! Je rejoints un petit moment Rémi.

Bourgogne
Après l’ondée

En approche du Morvan

Il est déjà 18H00 quand j’arrive à Avallon. Je suis vidé. Je fais un premier stop dans une boulangerie mais je sature du pain, du gluten et des viennoiseries. Il me faut des fruits, des protéines et de l’eau gazeuse. Je file à un petit supermarché non loin de la trace et y fait le plein et un repas copieux. Je décide de tenter de rallier le CP2 de Quarré les Tombes ce soir. Je sais qu’il va falloir suivre la trace de la GTM qui est un itinéraire VTT et que ces km vont être longs et difficiles. Je suis déjà reparti depuis 1h quand Remi me rejoint. Il y a eu des orages, les chemins sont lourds et bien ravinés, je laisse de profondes empreintes sur le sol. Le massif du Morvan étant granitique ce n’est pas la boue collante et glaiseuse des régions précédemment traversées.

Morvan
Entre les gouttes

 

Morvan

Je progresse sagement entre les flaques essayant de ne pas user trop mes plaquettes dans les descentes (pas facile). Il faut qu’elles tiennent jusqu’à Moulin où je me suis fait expédier en point relais une paire de rechange. Cela devient plus technique et cassant, plus sauvage aussi. J’adore les sous bois mousseux qui sentent bon l’humus après la pluie. Je me félicite du choix des pneus VTT de 52 mm de section, des 40 mm auraient été suicidaires vu le niveau de fatigue. La fin de la trace est vraiment engagée et dangereuse avec une descente dans un pierrier avec des blocs gros comme des melons. Puis un lit de rivière sous de basses branches en guise de chemin c’est bien technique. Pour pimenter le tout la nuit tombe et me voilà dans l’obscurité. Mon phare éclaire bien mais les bosses et reliefs du chemin envoient le faisceaux soit trop haut soit trop bas, j’aurai du mettre ma frontale sur le casque en complément … Un dernier poussage et une longue cote avec des ronces et j’arrive enfin sur la route bitumée me menant au CP2. Ouf je suis sauvé ! Je suis exténué, je suis allé le cherché au mental ce CP2 ! Je pointe vers 22H00.Tout le monde est là, Céline valide mon passeport. Il y a une bonne ambiance et pas mal de concurrents, le lieu est chouette et chaleureux. Je discute un moment avec Patrick Bénéévent de l’Echappée Belle.

check point bikepacking
CP2 de Quarré Les Tombes : divideurs fatigués mais heureux d’en finir

J’aperçoit aussi Capucine T. à qui je fait signe. Je mange une maxi pizza accompagnée d’une bonne bière. Il est minuit quand je retourne dehors dans le noir et le froid. L’hôtel pris d’assaut par les divideurs il n’y a plus de chambres. Je suis avec Rémi, Greg et Clément. Nous errons à la recherche d’un spot de bivouac. Nous serrons récompensés avec un porche nickel chrome abrité de la pluie du vent du bruit et de la lumière: quelle chance,  je ne regrette plus du tout ma chambre d’hôtel.

Jour 5 : Coup de mou et petit kilométrage

Quarré Les Tombes -> La Tagnière

Distance: 136,7km; Tps déplacement :9H21;  D+: 2 606 m;  moyenne: 14, 6 km/h

Il est 6h00 quand j’entend du bruit. J’ouvre les yeux : Rémi et Greg sont sur le point de partir, Clément dors encore. Je suis bien dans mon duvet et je sens que la nuit fût un peu trop courte. Je remballe et monte sur le vélo. La journée de hier à laissé des traces, je suis un peu fourbu. Mon objectif de la journée est d’en finir avec le Morvan et d’arrivé à Toulon sur Arroux. La trace est grosso modo la même que l’an passé. J’aime le Morvan, c’est sauvage, boisé et sportif. C’est dommage je ne suis pas assez en forme pour en profiter à 100%. La piste forestière est par endroit une succession de mares : il faut passer constamment sur les bords et éviter de tomber dans la piscine boueuse.

 

Open UP
Mon fidèle destrier tjs en pause 🙂
Morvan
Lac Saint Agnan ( Morvan)

Je mange un morceau à Alligny et discute avec des locaux impressionnés par notre aventure. La digestion est soporifique et je fait une pause au milieu de la foret pour essayer de faire une sieste quand Patrick B et un groupe me reprennent. Je me lève et décide de les redoubler ( histoire d’égo :)). J’arrive enfin à Autun sur le coup des 15h où je croise pas mal de concurrents de la vague de vendredi. Je visite un magasin de vélo à tout hasard pour une paire de plaquettes mais je repars bredouille. J’attaque la grande cote qui monte sur la montagne Saint Sébastien. Au sommet une pause café/toilette s’impose avant la portion de chemin GR. Celui ci est assez physique, parfois un peu technique et ça grimpe bien. Je fais un arrêt pour m’abriter d’une averse.

 

Douche morventaise

 

A Mesvres je suis bien naze, j’aperçois Rémi et Totof je crois ( j’ai  déjà oublié les visages) à une terrasse. Ils repartent, je décide de prolonger un peu mon arrêt à la terrasse du café. Le relief est encore présent et la fatigue s’accumule. Je passe devant un petit camping où j’avais fait halte l’année d’avant. Je continu mais je reviens sur mes pas : la tentation d’une douche et d’un repas chaud est plus forte et je laisse tomber mon objectif de Toulon sur Arroux. Le gérant hollandais me dit que je peux  dormir sous une tente. Celle ci est un peu humide et en pente mais je ne suis pas dehors. Il fait vraiment pas chaud,  je me couche chaudement habillé.

 

Jour 6 : De l’eau au Moulin et de nouvelles plaquettes

La tagnière -> Verneuil en Bourbonnais

Distance: 156,5 km; Tps :8:26:24;  D+: 1763 m;  moyenne:  18,6 km/h

Je me réveille vers 4h du matin car mon matelas est à plat… Je décide de me lever et partir. Je suis pas réveillé, je suis lent. Le froid me saisi de suite: il fait 3 degrés sous la tente !  Autant dire que remettre mon cuissard encore humide de la lessive de la veille fût pas une partie de plaisir. A Toulon sur Arroux je m’arrête au café qui servait de CP l’année dernière afin d’y prendre un bon petit déjeuné. Je repars et croise Patrick B. C’est drôle ça j’étais persuadé qu’il était derrière moi. Le temps est toujours mauvais et je m’abrite plusieurs fois dans l’après midi afin de laisser passer les grains. Lors d’un arrêt dans une grange je fait une sieste de quelques minutes sur des ballots de paille sentant bon le foin frais avant de repartir en direction de Moulin. Je ne suis plus pressé car je vais arriver pendant la fermeture du point relais de Moulin entre midi et 14H30. J’arrive enfin à Moulin, prends possession de mon colis et change toutes mes plaquettes de freins. La pluie retombe, je fait une énième halte café & beignets dans une boulangerie avant de repartir sur le single du castor où je prend une belle averse…

Effet de lumière sur l’Allier

Je suis naze et pas très bien foutu ( soucis digestifs et gastriques). La météo me plombe le moral et je stoppe bien trop souvent. Je n’ai pas le courage de rouler sous la pluie. Je passe devant une maison abandonnée et hésite à m’y poser mais il est trop tôt et suis presque à sec de flotte, je continue donc. Sophie me reprend du terrain elle est juste derrière. J’attends à Chatel de Neuvre je sais qu’il y a un camping. Si Sophie arrive je proposerai un stop ici. Mais au dernier moment je décide de repartir afin de finir cette journée avec quelques km de plus au compteur car je n’ai vraiment pas avancé beaucoup. Je cherche un abris à la nuit tombante. J’opte pour un hangar et commence à me poser quand la propriétaire déboule avec son chien et m’expulse sous la pluie sans aucune compassion… Je demande à des gens pour dormir dans leur grange mais nouveau refus. L’excuse avancée est qu’il y a plein de vipères dans la grange et qu’ils ne veulent pas etre responsable d’un accident. Je suis septique mais l’homme me montre ça main qui a encore la trace de deux crochets. J’essaie de les apitoyer un peu mais ils ne sont visiblement pas disposés à m’accueillir chez eux, décidément drôle d’accueil dans le coin. Je continue donc sous la pluie à tourner dans le coin… A Verneuil en Bourbonnais je trouve un restaurant ouvert et j’y mange un bout au chaud( j’ai perdu mon pain après Moulin). Le gérant me conseille le porche de la mairie ou de l’école pour dormir. J’y file et sans me faire remarquer je m’installe sous le porche pour un bivouac au sec. Je fais un comma.

bivouac
Bivouac sous le porche de l’école

 

Jour 7 :  La Boue reboue le

Verneuil en Bourbonnais -> La Bourboule

Distance: 137,9 km; Tps : 10:13:24;  D+: 3272 m;  moyenne:  13,5 km/h

Il est tard quand j’ouvre les yeux( presque 7H). Je grignote un bout et me prépare. Au moment où je sors de mon porche je tombe sur Sophie ! Elle à dormi à Chatel au sec et au chaud dans une pièce du camping avec un concurrent Anglais je crois. Nous entamons cette journée ensemble. Je suis assez en jambe et je part un peu devant. Le temps est toujours gris. En fin de matinée le relief commence à s’affirmer et je commence la montée sur le massif central.

Ravito flotte au cimetière

Apres le barrage de la Sep (et un bug de trace tirant un tout droit impossible) j’attaque une longue cote bien raide et technique qui se transforme vite en poussage.

Je rejoint Totof et Damien en pause casse-dalle. Plus tard je traverse une belle foret ( qui doit regorger de champignons) pour arriver sur la chaine des Puys. Ces anciens volcans érodés se dressent telles des sentinelles grattants le plafond nuageux très bas. J’arrive à Vulcania et passe Ceyssat  pour arriver vers 18H30 à Olby. Je charge le tronçon suivant dans le GPS et analyse la situation. Il reste un tronçon d’environ une trentaine de kms pour la Bourboule mais avec 1000 m de dénivelé. Je fait une pause ravitaillement et décide de repartir avec comme objectif du rallier la Bourboule avant la nuit. Le temps se détériore et plus je monte plus je suis dans les nuages et sous la petite pluie. Le sentier laisse place à un bourbier infâme : les débardages ont en effet retournés le GR et je galère à pousser ma monture dans la boue froide dans laquelle je m’enfonce jusqu’aux malléoles.

La moyenne chute, la température aussi il fait maintenant froid, la fatigue s’accumule. Le chrono joue contre moi il me faut absolument passer le col de Ouire avant la nuit. Je suis un peu paniqué à l’idée de ne pas y parvenir et de devoir passer la nuit dans ce bourbier sous la pluie et dans le froid. Je ne fait pas de pauses même pour boire ou manger et avance au plus vite que je puisse encore le faire. Si je m’arrête je risque de me refroidir pour de bon. Le jour baisse et le brouillard se densifie. Le vent devient de plus en plus fort et la température ressentie chute encore plus,  je sens plus mes orteilles. J’arrive à la nuit tombante au col de Ouïre, dommage pour la vue on repassera… J’allume mon phare mais le brouillard est si dense qu’il réfléchi les photons et m’éblouie.

photo Milopix

La descente gravillonnée me semble interminable mais j’arrive finalement sur la route qui descend sur la Bourboule. Il est seulement un peu plus de 21H30 mais il fait nuit noire depuis un moment. La trace coupe les lacets bitumés en une descente un peu technique. J’avoue avoir hésité à rester sur le goudron mais je reste concentré et attaque de nuit les portions offroad. Je me dit que un WE de 15 Aout par ce temps pourri tous les hôtels vont etre pleins et que je risque de galèrer pour trouver une piaule, je ne veux pas tourner en rond trempé et fatigué en plein centre ville. Je me met donc en quête d’un abris naturel. Dans un tournant  je trouve une maison en construction avec une terrasse abritée qui pourrai me permettre de rester au sec. Je décide d’y bivouaquer. Il fait froid environ 5°C et je suis trempé. Je me change et installe mon couchage derrière des tables de jardins basculées afin de me protéger un peu plus du vent. Engoncé dans mon duvet je grignote un bout de pain avec du fromage. Je me couche avec tout ce que je peux mettre sur moi. Je suis fatigué et assoiffé mais je parviens à me réchauffer et à sombrer dans les bras de Morphée.

 

Jour 8 :  La douche s’impose

La Bourboule -> Marcillac la Croisille

Distance:  133,8 km; Tps :7h28 ;  D+: 2 419 m;  moyenne: 17,9 km/h

Au petit matin j’entame la descente sur la Bourboule. Je passe au cimetière à l’entrée de la ville dans l’idée d’y faire un brin de toilette et le plein d’eau. Je trouve un jet d’eau et j’y lave finalement que le vélo. La transmission à pris tellement chère ces deux derniers jours c’est pas du luxe. Je renonce à me laver plus par flemme et gain de temps que par peur d’être surpris (à cette heure matinale c’est peu probable). Je file vers le centre ville. Je tombe sur la voiture de l’organisation en bas d’un hôtel. Je texte Sam en espérant qu’ils soient déjà debout mais pas de réponse.

The divide car

Je m’installe alors au café boulangerie du coin où j’enchaine les formules petits déjeuné sous les regards perplexes des premiers touristes. Je sens pas très bon alors je reste dans un coin du café. Je traîne encore un moment. Le café se remplit de monde et je décide de partir. A la sortie de la ville un portage très glissant m’attend ( je préférerai encore le sentier de l’an passé où j’avais poussé le vélo dégoulinant pendant la digestion d’une truffade par 34°C ). La suite est plus cool avec une longue portion de route vers la Tour d’Auvergne. Il fait meilleur et un peu avant midi je fais un pause repas et séchage d’affaires au soleil.

Séchage en règle

Une piste cyclable très roulante me mène jusqu’à Ydes. Je fini par rejoindre Clément J. et Philippe Tessier à la pause ravitaillement du midi. Nous mangeons à la sortie de Neuvic et je décide de faire un micro sieston en compagnie de Philippe. A Saint Pantaléon de l’Apleau je le quitte pour une halte au camping municipal afin d’y prendre une douche et d’y laver mon cuissard dans lequel j’ai dormi et macéré depuis trop longtemps. Je repars beaucoup plus frais, les affaires séchant sur moi me font presque frissonner. Je reprend plus loin Sophie qui m’avait passé pendant ma halte. Arrivé à Marcillac La Croisille il est déjà plus de 20H. N’ayant plus rien à manger je décide de manger une pizza avec Sophie. Il y a un peu d’attente cela me ramolli, il fait nuit et frais et Laurent vient de nous rejoindre. Nous décidons de dormir sous le porche de l’Ecole maternelle, j’hésite un peu car je suis un peu speed et je n’ai encore pas bcp avancé aujourd’hui. Je sais que Philippe Tessier va rouler tard et prendre le large. Je décide né en moins de stopper là. J’y dors très mal, je me retourne et me réveille à plusieurs reprises. La lumière automatique sous le porche s’allume pendant la nuit cela en est trop : je regarde ma montre : il est 3H40… Que faire ? Se rendormir pour se relever 1h après ? Bof, je décide de partir en douce sans réveiller Laurent et Sophie qui eux pioncent comme des loirs.

 

Jour 9 : Pèlerinage des surprises

Marcillac la Croisille -> Cahors ( CP3)

Distance:  190,8 km; Tps déplacement: 10h40min ;  D+: 3 147 m;  moyenne: 17,9 km/h

Il est 4h du matin, il fait nuit et j’entame la route seul. Comme lors de ma BTR j’aime les premiers instants de solitude, d’obscurité et de silence lors des ride de nuit ( après cela devient vite lassant). Je règle mon phare pour éclairer un peu plus loin devant pour les descentes. Je me souviens du presque accident au même horaire durant cette même BTR où un gibier m’était passé devant de justesse. Je me dit que les forets du coin doivent regorger de bestioles prêtes à traverser, je reste sur les freins. En descendant dans la vallée de Forgès je rentre dans le brouillard. Un gout de déjà vécu… Aussitôt la température ressentie chute. Le relief est sacrément cassant et j’ai déjà presque 1000m de dénivelé pour à peine 40 Km parcourus.

Levé de soleil : toujours magique

Je commence à avoir faim mais à cette heure et vue la taille des bleds c’est pas gagné. J’attendrai Argentat pour prendre un petit déjeuné dans un café où des vieux sont déjà entrain de jouer au loto et aux courses… La trace longe ensuite la Dordogne et c’est 25 km de plat et de répit qui font du bien. Je roule bien les jambes tournent et je me dit qu’il y’a moyen de manger à la cité de Rocamadour. Le soleil est maintenant bien présent et il commence à faire chaud on va pas se plaindre après le temps pourri faut juste se re-acclimater. J’arrive à Rocamadour sur les coups de 12H15, je me dit que c’est parfait juste avant le rush touristique du midi. Soudain j’entend crier mon nom, je me retourne et je vois un cycliste qui me rattrape. Il me dit « hey j’ai pas l’habitude de courir après les hommes d’habitude mais là il y a ta femme qui t’attends tu viens de passer devant ! » Il s’agit de Mathieu Chollet qui m’annonce que Pauline était venue me voir en surprise ainsi que Sophie Latapie. Quelle double puis triple surprise quand j’aperçut Pascal Cazaux ( Vétéran du Divide N°1). Cela me fait chaud au coeur et je décide de mettre de coté le chrono le temps d’un repas en bonne compagnie.

Surprise !

Une fois rassasié je descend le single technique en épingle qui descend du château mais par peur et parce qu’il y avait des marcheurs je descend du vélo à cause du vide. Le repas pèse sur les jambes et surtout le soleil cogne fort, il fait chaud et je suis plus habitué. Je tente une sieste mais à peine posé depuis quelques instants que je vois passer Philippe Tessier. Je remonte en selle. L’après midi est une succession de montées et descentes toutes aussi raides et caillouteuses les une que les autres. En fin de journée j’accuse le coup je vois sur le suivi que Clément est pas loin devant mais j’arrive pas à le reprendre. La motivation du CP3 me pousse au cul. J’atteint Cahors et le CP3 vers 19H30. Rituel : tampon sur le passeport, Perrier menthe et enfilage de tongues. Pauline me rejoint et Sophie arrive une heure après. Elle semble bien entamée la journée fût dure aussi pour elle on dirai. Je reste manger avec les concurrents et la team des organisateurs. Je dormirai avec Pauline dans un hôtel en périphérie de la ville.

Jour 10 : Chaleur et avarie

Cahors ->  Samatan

Distance: 178,9 km; Tps déplacement :10h00 ;  D+: 2 461 m;  moyenne: 17,9 km/h

Il est presque  6h00 quand je parts. J’espère rouler un maximum avant la chaleur prévue. J’avance correctement et fait une première pause à un café sur la place de la petite ville perchée de Lauzerte.

Café à Lauzerte

Je consulte le suivi live et vois que Clément et Philippe sont pas loin devant. Je croise Damien et Tôt Tof mais je doit m’arrêter car mon pneu arrière est anormalement bas en pression. Je regonfle à bloc en me disant que cela m’aidera pour la longue section de bitume qui m’attend. Je suis à Moissac pour l’heure du repas. La chaleur commence à m’indisposer : mon garmin affiche 31°C. Je décide de rentrer avec mon vélo dans un supermarché pour y faire des courses et c’est le moment que choisi mon pneu arrière pour céder et produire un geyser de liquide préventif. J’en fout partout et devant les exclamations des caissières j’essaye de boucher le trou avec mon doigt mais rien ni fait je perd quasi tout le liquide et me retrouve vite à plat. J’avais en fait une belle entaille d’environ 3-4 mm sous un crampon. Celle ci avait été colmatée par le latex mais le bouchon de latex séché n’a pas tenu sous les 3 bars de pressions… Heureusement le personnel du magasin est compréhensif. Je nettoie le sol et passe en chambre à air. Je mange au frais dans le supermarché et quand je repart le soleil est au zénith et la chaleur me tombe dessus. Je transpire fortement et la la digestion est dure. Je cherche un endroit au bord du canal afin d’y faire une sieste. Je stoppe bien au moins 1H30 mais ne parviens pas réellement à dormir. Il fait toujours chaud quand je repars et lorsque je bifurque pour quitter le canal le vent devient contraire et plus fort.  Les vieux me disent qu’il s’agit du vent d’autan ( le vent qui rend fou). Déjà que j’appréhendais cette section 100% bitumée ( je l’avais trouvée chiante comme la mort l’an passé car je déteste faire de la route avec un vélo fait pour les chemins) mais là avec ce vent c’est le pompon.

 

Je recroise Damien et ToTof environ 10 km avant L’isle sur Jourdain. Ils font halte sous un abris pour la nuit. Il est encore tôt, je fait une pause avec eux. J’aurai le droit à une bière offerte par un couple de leurs amis qui passaient par là :). Je reçois un appel de Pauline qui me pousse à avancer encore jusqu’à Isle sur Jourdain. Etrange on dirait que je suis surveillé, à tous les coups elle m’attend là bas. Bingo en arrivant sur Isle sur Jourdain de nuit je retrouve ma chérie et Philippe Tessier.

Surprise bis : enfin demie surprise car je me doutais de quelque chose

Elle est avec deux supporters au camping. Je mange une salade de riz avec elle et je décide de continuer un peu. Le single à la sortie de Isle sur Jourdain passe mieux que l’an passé et ce malgré la nuit. Arrivé à Samatan il est tard et je décide bivouaquer en mode rapide ( sans mon matelas ). Je me trouve un coin entre des habitations et commence à m’assoupir quand quelque chose vient gratter mon bivy. Il s’agit d’un hérisson que je dois chasser. J’essaye de me rendormir mais sans mon matelas je suis pas bien et j’entends tonner au loin puis de plus en plus près… Quelques minutes plus tard des gouttes commencent à tomber et le vent à se lever : l’orage arrive. Je plie bagages et trouve refuge sous le porche de l’église. L’emplacement est au sec mais ça sent l’urine et je dois composer avec les mégots… Il est au moins 4H30 du matin quand je commence à dormir.

Jour 11 : Les Pyrénées

Samatan -> La Mongie

Distance:  148,1 km; Tps : 09h41 ;  D+: 3518  m;  moyenne:  15,3 km/h

Au petit matin je suis réveillé par le joli carillon de l’Eglise. Je replie bagage et m’apprête à partir quand une petite vieille ouvre sa porte. En lui demandant de l’eau nous discutons un peu et elle m’invite pour un café et une tranche de gâteaux: c’est pas de refus ! Merci Henriette pour ta gentillesse.

Samatan

La matinée file et j’avance normalement. Je roule avec Marin qui vient de se faire piquer par une guêpe ( j’en suis à ma deuxième piqure pour ma part). Un peu avant midi je recroise Totof et Damien en pause bouffe. Je fait une pause à mon tour pour manger sous un abris bus vers Villeneuve de Rivière.  Je repars avec Marin. A Nestier je suis fatigué et m’accorde une rapide halte café car je sais que nous allons avoir un dur enchainement.  Une première partie offroad sur une piste forestière à plus de 9 ou 10% jusqu’à une cabane et un col avant la descente sur Sarrancolin, puis le terrible col de Beyrede et enfin celui du Tourmalet si tout se passe bien. Arrivé au sommet de la piste forestière je suis en avance sur Marin, je décide de m’allonger un moment. Je sombre littéralement dans un sommeil profond en quelques secondes c’est la première fois que j’expérimente ça. Je n’ai même pas eu le temps de finir ma barre énergétique ni de desserrer mon casque ni de trouver une position agréable. Ce petit roupillon m’a fait du bien mais je suis comme groguis, je descend prudemment sur Sarrancolin.

Descente sur Sarrancolin

La montée du col Beyrede est longue mais passe étrangement bien et nous arrivons au lac Payolle après une descente sympa. Nous sommes dans le brouillard et la luminosité est faible. Il fait froid et humide. Je décide de continuer. Marin hésite il n’aime pas les chemins et son pneu arrière est quasi slick car tellement usé de plus il n’a pas d’éclairage approprié.

Purée de pois

Il se décide à me suivre. Nous partons à l’assaut du Tourmalet via les sentiers de biquettes. La nuit commence à tomber quand nous arrivons sur le bitume de la route du col Tourmalet. Marin est rassuré et cri victoire, il retrouve enfin de la route. Moi je peste : beurk de la route… La montée vers La Mongie se fait dans un brouillard à couper au couteau. Les rares voitures qui descendent roulent au pas. A La Mongie je retrouve Philippe au restaurant avec qui nous mangeons. Philippe décide de repartir il veut son selfie de nuit au Col Tourmalet. Je suis hésitant mais la perspective de la descente dans le brouillard humide avec un niveau d’épuisement important me fait prendre l’option bivouac. Nous nous installons dans une galerie marchande déserte en sous sol des barres d’immeubles. Nous y seront bien à l’abris des éléments. Nous débranchons un à un les néons et nous installons notre bivouac. Marin ronfle en quelques secondes. La nuit sera pour ma part une nouvelle fois entrecoupée et mouvementée.

Jour 12 : Pas de miracles à Lourdes

La Mongie -> Ledeuix

Distance:   157,7km; Tps : 09H01 ;  D+: 2 408  m;  moyenne:  17,1 km/h

Nous avons du mal à nous lever. Un fois en route les jambes chauffent avec le dernier tronçon de bitume pour arriver au col. Une fois au sommet c’est la pause Selfie. Marin sort une pancarte carton de sa sacoche pour l’occasion ! La descente se fait bien il faut juste faire attention aux déjections animales présentes sur la route qui est fermée à la circulations mais pas aux ovidés. Arrivé à Barège c’est le moment de dévaliser la boulangerie. Requinqués nous partons en direction de Lourdes. Je sais que avant d’y arriver il va y avoir quelques tournicotons et boucle un peu sportives à passer. C’est le travail de Benjamin Sermot le local. Il m’attendra d’ailleurs à l’entrée de son village et nous proposera un halte repas douche plus que bienvenue. Merci beaucoup Benjamin pour cette halte au combien appréciable.

 

Ca passe !

Avant d’arriver sur Lourdes nous avons le droit au gigantesque rassemblement des gens du voyages. La fin du sentier en arrivant sur la zone est plus que minée…. Ayant bien mangés pas besoins d’arrêt dans ce Las Végas de la religion. Nous traçons le plus vite possible de cette effervescence détestable. L’après midi arrive à ça fin nous sommes pas encore enfin de Olorons saint Marie. Nous passons une section off-road terriblement glissante et boueuse et collante qui finira en apothéose sur un single le long du gave d’Ossau.

Ca colle bien …

Il fait nuit quand nous sortons de ce merdier. Nous tombons sur Clément assis dans l’herbe essayant de passer son croix de fer en single speed suite à la casse totale de son dérailleur arrière. Il fait preuve de résignation et de patience et sang froid je suis impressionné. Arrivé à Saint Marie D’Olorons Marin à trouvé un plan pour dormir chez un gars. Nous nous y rendons c’est drôle c’est un bar et le tenancier est un mordu de vélo ( il y a une collection incroyable de vélo dans l’arrière bar ). Je reste manger avec Marin mais je décide au vu du bruit et de l’ambiance « squat » de repartir faire quels kilomètres supplémentaires.

Le plat de pâte m’a fait le plus grand bien je suis plus fatigué les chemins sont ok pour le moment mais j’appréhende une nouvelle section boueuse et technique. Je passe devant une grange isolée et facile d’accès c’est le squat parfait pour un bivouac. Je voulais continuer mais une occase comme ça c’est rare. Je décide d’y faire halte et je m’y installe. J’ai chaud dans mon duvet et froid sans, j’ai du mal à dormir une nouvelle fois et je stress en me disant que j’aurai du continuer à rouler. Je fini par m’endormir tardivement dans un sommeil entrecoupé.

Le final

Ledeuix -> Mendionde

Distance:   135,9 km; Tps déplacement : 07H47min ;  D+: 2 498  m;  moyenne:  17,5 km/h

Je décolle un peu avant 7h00 du mat. Il fait meilleur que la veille. Mon pneu arrière perd de la pression. Je me décide pour une réparation car il me reste une chambre à air. Je démonte installe la nouvelle chambre et je gonfle mais il se passe rien …. Ma chambre de rechange est crevée aussi … Elle est extralight et très fine et à déjà subie un deux French divide dans ma sacoche avec les outils qui ont finis par la trouer de part en part. Je trouve pas la fuite de ma première chambre je la remonte donc… Je reperd lentement de la pression au bout de quelques minutes. Je trouve un arrosoir et de l’eau dans un cimetière et localise enfin cette satanée micro fuite. Je colle une rustine et je repars. Au bout de 10 min je suis pris d’un doute : ai-je bien ramassé ma pompe ? Confirmation je l’ai laissé au cimetière … Quel boulet …. Demi tour. A Navarrenx je fais une halte et dévalise une boulangerie. Le soleil rayonne il fait bon. Je croise grand nombre de pelerins. Certains semblent avenant et répondent enjoués à mes bonjours d’autres semblent plus renfrognés et ne lèvent même pas la tête. Il fait maintenant carrément chaud et le relief se dresse devant moi. Quelques portions de poussage et de chemins techniques viennent agrémenter cette dernière journée mais je molli pas je veux avancer au max et qui sait peut etre arrivé avec Philippe Tessier qui est devant moi. Lors d ’un passage pierreux où je marche dans un tunnel végétal du bocage basque j’aperçois Clément le photographe, je remonte sur le bike pour la photo. A la sortie du single j’y retrouve Samuel et ma chérie. Je suis tout tremblant un peu parce que j’ai bien roulé un peu plus fort que d’habitude mais aussi parce que que je suis en fringale mais aussi car je suis heureux de les voir. Je sors une vieille pizza écrasée de ma sacoche et l’enfile en trois bouchées.

Super chemin
Hum la bonne pizza

Vu les km restants je suis confiant et me dit que j’ai bientôt bouclé mon French Divide. En partant Thibault me dit à ce soir pour l’apéro. Ce soir ? Pourquoi tu dis ça il reste même pas 60 bornes et il est à peine plus de midi. Il me dit oui à ce soir, Sam hoche la tête… Oh putain ça va pas etre de la tarte j’ai l’impression. Rien à faire par honneur je vais arriver pour le gouter!  Aller en selle Marcel. Effectivement même si les dernières dizaine de km se font sur de la route goudronnée les pourcentages sont impressionnants tant en montée que en descente. La chaleur me cause quelques désagréments et après saint Jean de Pied de Port les bosses me ralentissent.

Pays Basque view

Je fais une pause où je vide ma sacoche à la recherche de tout ce qui peut se manger. Après les derniers raidillons je reconnais la grande nationale et je sais que l’arrivée est proche. Un derniers effort et me fois ci arrivé devant le restaurant de Etchebarn vers 17H30 où toute la troupe est là pour m’accueillir.

Arrivée

 

Finisher

Je suis heureux, j’ai bouclé mon challenge et je suis content d’être là. Il y’a bien quelques regrets sur des moments où j’aurai pu rouler mieux ou plus longtemps, mais je suis si heureux d’être là que cela n’a plus d’importance. Je fini dans un temps acceptable et relativement épargné par les soucis physiques et mécaniques. Les bières qui suivirent furent bonnes je vous le dit !

Fin du Divide
Un peu d’eau avant la bière de la fin 🙂

 

Je peux vous assurer que après 2200 km on la savoure cette bière 🙂

 

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